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dimanche 12 mai 2013

Expo d'anniversaire: le 35e du BCSR


Comme il était annoncé, Lausanne a vu ce weekend l'installation d'une exposition pour fêter le 35e anniversaire du Bonsaï Club de Suisse Romande weekend.

C'est dans le cadre du Rolex Learning Center que le public intéressé et les amateurs passionnés se sont mêlés dans les allées du Forum.
Quelques 50 arbres présentés sur tablettes avec plantes d'accompagnement devant de grands fonds blancs dans une très belle lumière (quand le soleil voulait bien s'enfiler entre les nuages trop nombreux de ce printemps de grisaille).


Si le BCSR présentait 35 arbres, d'autres clubs invités - le Bonsaï Club du Léman, les Amis du Bonsaï de Neuchâtel, le Yama Sakura de Fribourg et l'ASCAP Bonsaï Club de Montbéliard - ont complété l'exposition de quelques-uns de leurs arbres. Un belle exposition au final témoigne de la vivacité de cet art en Suisse Romande.

La contribution du BCL


Relayé dans le journal local, cet anni-
versaire a accueil-
li Takeo Kawabe, grand habitué des ateliers du BCSR pour des ateliers "débutants" et "avancés", en hôte d'honneur. Les conférences d'Oscar Roncari, Thierry Claude et Gilles Villaume, en plus de celle du maître japonais, ont complété ce beau weekend.




Je vous livre quelques images:
 - celles de mes coups de cœur...



 


 





- ... mais aussi celles des arbres qui m'ont aidé ce weekend à avancer un peu plus loin sur la Voie.












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dimanche 24 mars 2013

La Sakka Ten de Chiharu Imai

En préparant ma prochaine interview de M. Chiharu Imai, mes recherches m'ont fait croiser cette belle vidéo de son travail à la Sakka Ten 2012, à Peniscola en Espagne.

Sur scène, M. Imai travaille en parallèle un pin sylvestre et un grand genévrier, tous deux promis à un bel avenir.

Il me tarde de mieux connaitre ce jeune maître (il enseigne en Espagne) dont certains au Japon considère qu'il est un des plus talentueux professionnels de la nouvelle génération.

A suivre.




lundi 4 mars 2013

J'ai consolé un arbre qui pleure


Qui mieux qu'une mère pour m'expliquer comment consoler?

Consoler.
Faire cesser les larmes.
Sécher les plaies et les maux...

Des coupes importantes...
Ecoulements assurés sur un Acer
Jusqu'à cette fin de semaine, je ne savais pas: Incapable de consoler.

De consoler un être qui pleure.
L'être était un érable, en l’occurrence.

L'un de ces érables, que de nombreux bonsaïka savent avoir tendance à "pleurer" lorsqu'ils sont taillés au printemps.
Une solution simplissime me fut enseignée... je l'ai testée.
Nous pouvons l'adopter !


Ce weekend, le XIe cours de la Scuola d'Arte Bonsaï accueillait, à Genève, Monsieur Shigeru Otani, pour son premier enseignement, en qualité de successeur de son propre maître M. Keizō Andō. J'ai profité de ce cours sur "la beauté des espaces vides" - Kuukan Yuubi - pour travailler un Acer matsumurae.


Cette restructuration demandait la coupe d'une branche à l'imposante insertion... Au vu de la grosseur des "larmes" que quelques branchettes abîmées lors de la manutention laissaient abondamment couler, les torrents de sève s’annonçaient intenses au terme du travail.
J'avais donc quelques soucis...
Les partageant avec mon maître, c'est notre interprète, Mayumi Matsuo, qui nous a enseigné la solution. Technique qu'elle avait entendue (et traduite) de Monsieur Haruhito Iijima, lors d'un atelier de la FFB, en mars 2012.

Mayumi Matsuo

La solution est simple: il s'agit de découper le pourtour de la motte sur un plan vertical, sur une partie ou la totalité du pourtour du pot (selon le besoin).

La découpe se fait, avec une serpette de dépotage bien aiguisée (je n'avais qu'un couteau qui a très bien fait son ouvrage), à un centimètre du bord du pot pour isoler, du reste du pain racinaire, les racines qui tournent plaquée sur les bords du pot.

Découper le pourtour de la motte à environ un centimètre du bord du pot

Pour l'avoir exécutée, la technique est d'une efficacité redoutable:
Après un travail précis de nettoyage de la coupe - facilité par l'absence d'écoulement -, la plaie reste à peine humide. 12 heures plus tard, une simple goutte s'est logée au creux de la base de la plaie.

La plaie, de la taille d'un bon pouce, travaillée en retrait
jusqu'à affleurer le cambium.




La coupe est alors emballée avec un ruban à greffer en vinyle pour maintenir une humidité constante et la protéger des agressions extérieures.

Simplissime et efficace.



Je me réjouis de compléter ce billet dans une à deux années avec une image de la plaie cicatrisée.
Merci Mayumi


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vendredi 4 novembre 2011

Former un bonsaï: révéler un arbre

Mettre en forme un bonsaï est probablement le moment le plus excitant pour un bonsaïka.

Photo Jean-Paul Bovey
La première mise en forme demande un effort d'analyse, de projection, et de réalisation qui est chaque fois un défi! Un moment intense.

Révéler le potentiel expressif d'un arbre est une des grandes difficultés de l'art du bonsaï; l'entretien sur la durée et sa finition, une autre.

La vie d'un bonsaï commence donc avec une première mise en forme; intervention souvent volontaire, parfois radicale, dont l'objectif est de définir les caractéristiques principales de l'arbre: posture, style, taille, structure, dynamique, etc.

Photo Jean-Claude Fricot
Ce travail repose sur la compétence de l'auteur: sa technique bien sûr, mais surtout sa capacité à projeter l'arbre dans une forme à venir.
Analyser l'arbre, en extraire les lignes fortes, en saisir la quintessence;
puis abstraire, imaginer les modifications, visualiser la forme finale;
finalement, oser, dépasser l'appréhension, éviter l'erreur;
lentement, l'arbre apparaît, se révèle, naît: concret, vivant, il est là, transformé, nouveau.

Cette voie de l'abstraction vers la concrétisation est pour moi une jouissance rare. Une émotion forte.

Bien sûr, la qualité de l'arbre au final dépend beaucoup du potentiel de l'arbre au départ.

Ce weekend, lors d'un atelier avec François Gau, c'est avec un arbre avec un potentiel, disons, relativement réduit, que je me suis livré à cet exercice. En conséquence, le résultat n'est pas un arbre de premier ordre, certes; mais François, dont j'ai sollicité l'avis sur ma mise en forme, m'a fait le plus beau des compliments.

- "Cet arbre, personne en aurait voulu; et au final, il en ressort un arbre qui a du caractère."

 Avant:



Après:



Après finition des jin:
 


... révéler le potentiel expressif d'un arbre... une émotion forte!

 
Merci François.
Merci l'épicéa, et bienvenu à toi dans mon jardin.


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mercredi 2 novembre 2011

Go, le françois

Ce samedi, le réveil a sonné tôt.
Il disait "Go! Allez, go!"

- "Go!"
- "..."
- "Gau!"
- "Gau?"
- "Ben, oui, Gau!"
- "..."
- "Alors, Go!"
- "Go 2 Gau..." :-)
- "... (Soupir)... GO!"
- "de suite
- "OUI! Tout de go!
- "..."
- "Go, go, go...!"
- "Voir le gogo?"
- "Oui. Ce drôle de gogo. ce Gau."
- " Un gau-gau, ce Gau?"
- " euh... oui."
- "Ho''eu'! un gau! un gaugau!
- "Un gaulois."
- "C'est un ragot!!!"
- "Pas du tout, c'est pas un rat, Gau!
    Il est venu à Groisy, Gau! Alors go-go-go-go-go!













Drôle de début de fin de semaine.
Un weekend avec Gau, le Gaulois. Pardon le français! Enfin le François...
Gau qui a rendu visite au Bonsaï Club du Léman, tout un beau weekend d'automne, pour un atelier.

- "Un atelier?"
- "Un atelier de b'uit¨"
- "Que''e ho''eu'! I' fait du b'uit, le gau-gau!!!"
- "Pas du b'uit, du buis!"

C'est donc au milieu des buis que j'ai trouvé le Gau!
Bien sûr, tous les buis de la région se sont retrouvés pour profiter des caresses de Gau, du regard émouvant de Gau. Ils se sont penchés, redressés, ont pris la pause. Ont fais les beaux, devant Gau.


Certains ont perdu la tête.




Attention, ne pas faire craquer leurs doigts! Le bruit du bois! Du bois du buis qui gît...
Fragile. Les bras emplâtrés de raphia, ils plient, ils crissent, ils plissent, ils resistent.


Qu'on en finisse! Sur leur peau lisse, une mise en plis: on effeuille un peu, on place les rameaux, on remonte, on caresse les feuilles. Qu'ils sont beaux!



Sans bruit.
Avec Gau.
Des buis.
Si beaux.



Go,
Allez, Luia


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jeudi 13 octobre 2011

"Petit noir" ou "café bonsaï"

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Au pied de l'arbre,
la verdure de l'année s'entasse;
Temps d'une palabre:
deux gorgées de café en verre.





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mercredi 11 mai 2011

Le Maître et la Forêt

Dans l'histoire de Hinji Zukuri, la montagne fait face au village. Alors que la montagne appelle le père, le village accueille la mère.

C'est en contant cette histoire que Keizô Andô Sensei nous a enseigné "yose-ue", le style codifié de la forêt.
Un style que j'ai découvert pour la première fois. Non pas que je ne le connaissais pas - les livres et expositions nous en montrent régulièrement - mais je n'en avais jamais fait!
Il faut dire que pour faire une forêt, il faut une quantité d'arbres...

Première règle, donc: au minimum, une forêt Hinji Zukuri compte 5 arbres dans le plus grand groupe, et 3 dans dans les deux autres, pour un total donc, de 11 arbres. Les variations Shinji Zukuri et Shigun Zukuri ne doivent pas en compter moins.



Ainsi, il m'a fallu rassembler une tribu d'arbres identiques puisqu'une seule essence doit être utilisée dans la même forêt - seconde règle; en réalité, il faut veiller à l'uniformité du feuillage. Il vaut donc mieux partir de semis ou de boutures issus d'un même arbre.
J'en profite pour remercier Gaétan dont le cadeau providentiel, il y a deux ans, m'a fourni à point nommé la matière de base : 20 jolis plants de Zelkova, semés par ses soins.


Une fois la théorie passée, c'est dans une soucoupe ovale de 18 cm que je me suis attelé à la difficile tâche de la composition. Un exercice qui allie créativité et rigueur. La série de règles pour cette phase est terriblement longue:
- le plus grand arbre - le père- est placé sur un coté, il sera l'arbre le plus en avant de la composition;
- le second arbre le plus grand est placé de l'autre coté du père, légèrement plus en arrière, donc. Son tronc sera légèrement plus fin;
- les autres arbres sont placés alentour des deux premiers de manière à encadrer un espace central, ouvert, évoquant une clairière, un cheminement;
- le nombre d'arbres (au minimum 3 par groupe, 5 pour le groupe du père) doit être  impair, si le groupe compte moins de 9 arbres; il peut être pair au-delà;
- aucun arbre ne doit se trouver dans l'alignement d'un autre, et dans le sens longitudinal et dans le sens transversal de la composition;
- les dimensions des arbres (diamètre du tronc et hauteur) respecteront les principes de perspectives. C'est-à-dire, les plus petits et les plus fins derrière, afin d'augmenter visuellement la profondeur de la forêt;
- dans la variante Hinji Zukuri, un groupe d'arbres est placé en arrière-plan entre les deux premiers groupes. Ce groupe ne doit pas être centré, mais légèrement décalé du côté du groupe du père (la montagne).


Armés de toutes ces exigences, les arbres dépotés, racines défaites et taillées (attention au dessèchement... C'est pas le moment de la pause café!), il s'agit de commencer la composition en prenant garde à ce que les arbres se positionnent pour que les espaces entre les troncs soit variés, que les diamètres des troncs voisins différent les uns des autres, que les formes et directions des arbres créent un ensemble harmonieux...


Pour rien vous cacher,  là c'est carrément galère... Faire tenir debout une vingtaine d'arbres dont les branches se croisent et se repoussent demande la dextérité du champion de château de carte! Malgré la très peu élégante technique du fil d'aluminium qui coure au fond du pot, s'enroulant tel un boa autour des arbres (mais sans les étrangler) et tricotant avec les mottes de racines tel le pal de l'inquisiteur (mais sans les cantiques), la mise en oeuvre demande vraiment une bonne visualisation mentale de ce qu'on veut faire avec la position bien planifiée de chaque arbre. Un petit croquis n'est pas totalement inutile...


Au final, tous les arbres sont en place; on ose à peine respirer. Il s'agit de maintenir l'ensemble et compléter le substrat - un akadama finement tamisé dans mon cas - en butant (créer de petite butte, nldr) quelque peu à l'endroit des groupes principaux et en laissant la pente faire glisser le regard vers les arbres du fond.

Une fois les arbres bien calés dans le substrat, il s'agit d'alléger le feuillage. Toutes les branches qui poussent vers l'intérieur, entre deux arbres, sont supprimés. Les feuilles, rares sur de si petites boutures, ne sont plus très nombreuses... lesquelles garder pour donner un peu d'allure à cette petite forêt en devenir?
Allez! On arrête. Il est temps de la mettre dans la lumière. Sur une petite tablette.









"Si vous voyez la biche ou un renard entre les troncs, vous avez réussi" disait le Maître.
Les voyez-vous?
Chut! Ne pas les effrayer!
Et laisser s'installer l'esprit de la forêt.
L'Esprit du Maître.




Petite remarque. Dans la plus pure tradition de la composition, cette forêt a un vilain défaut: le groupe de trois arbres au milieu en arrière est décalé du mauvais côté; il doit accompagner le groupe du père... zut! on aurait cru un moment que cette forêt était presque parfaite ;-)


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