mercredi 5 octobre 2011
mardi 4 octobre 2011
Le Vice-Consul, le Maire et le Président
C'est à Marnaz qu'ils se sont rencontrés ce premier weekend d'octobre.
Ils ne se connaissaient pas.
Rien ne les rapprochaient.
Sous une pyramide, ils se sont croisés.
Il y a avait du soleil...
Pour des bonsaïs, ils ont sacrifié leur famille!
Pour la beauté de 58 arbres en pots, ils ont parcouru la route.
Pour leur Ville, pour leur Club, pour la Culture... chacun y est venu pour une autre raison. Tous se sont retrouvés autour d'une très belle exposition.
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Autour de lui une foule de visiteurs, curieuse et affable, faisait la visite des quelques 70 mètres linéaires aménagés par un commando spécial délégué par la Mairie, dédié à l'événement, qui a organisée la logistique, le ravitaillement et l'animation, comme on ne se l'imagine pas!
C'est donc très logiquement qu'au milieu de ses forces spéciales est apparu dans la matinée le Maire de Marnaz, Loïc Hervé. Hôte de cette exposition, il avait fait l'honneur de son invitation au BCL et voulait bien sûr s'assurer que tout était en place.
Rassuré, il a rayonné de son jeune sourire partageant son attention entre les arbres invités et ses administrés émerveillés.
C'est dans cette ambiance conviviale et fraternelle que j'ai eu le plaisir d'accueillir Monsieur le Vice-Consul, Mitsuhide Fusegi, Attaché aux Affaires Culturelles du Consulat du Japon à Genève. Il a marqué ainsi par sa présence le patronage du Consulat dans le cadre du Mois de la Culture Japonaise 2011.
Venu en toute simplicité, et une fois les présentations faites, il a apprécié une visite détaillée de l'exposition; expérience qu'il a qualifiée de moment de bonheur et à propos de laquelle il devait m'avouer plus tard que c'était sa première!
Et oui! Tous les japonais ne sont pas nés avec un bonsaï au pied du berceau. De même, je n'ai jamais vu un tournoi de Hochnuss, ne pratique pas le yodel... Tous les basques ne jouent pas à la pelote et tous les français ne font pas de la dentelle!
C'est donc vers 12:00 que le Maire de Marnaz et le Vice-Consul du Japon se sont engagés dans une petite suite de discours et remerciements au Président du BCL, Nicolas Amann, qui a lui-même a donné quelques informations à propos de cet art qui rassemble la trentaine de passionnés du Bonsaï Club du Léman.
Extrait du livre d'or:
"Chers Membres du Bonsaï Club du Léman et tous ceux qui sont concernés.
Je me réjouis que vous me fassiez (l'honneur) de m'accueillir chaleureusement aujourd'hui, le 1er octobre 2011 à la Ville de Marnaz.
Je vous félicite vivement pour le grand succès.
Et je vous remercie infiniment pour votre aimable invitation à cette magnifique exposition de bonsaï.
Je vous souhaite bonne continuation."
Marnaz, le 1er octobre 2011
Fusegi Mitsuhide, Vice-Consul
Extrait du livre d'or (par l'hôte de ce weekend):
"Quelle joie et quel plaisir de découvrir votre passion au cours de cette exposition des 1er et 2 octobre 2011.
Notre Pyramide s'est révélée comme un écrin pour vos arbres. Je me réjouis aussi de l'inscription de cette exposition dans le Mois de la Culture Japonaise à Genève.
Bien amicalement"
Loïc Hervé, Maire de Marnaz
Tous les arbres en images individuelles sur le site du BCL (Bonsaï Club du Léman)
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Ils ne se connaissaient pas.
Rien ne les rapprochaient.
Sous une pyramide, ils se sont croisés.
Il y a avait du soleil...
| L'affiche originale et l'original qui s'affiche |
Pour la beauté de 58 arbres en pots, ils ont parcouru la route.
Pour leur Ville, pour leur Club, pour la Culture... chacun y est venu pour une autre raison. Tous se sont retrouvés autour d'une très belle exposition.
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| Phil de Feel-Spirit |
Preuve que l'événement ne passait pas inaperçu, Phil, lui-même, était présent pour ne pas en rater une feuille. Lundi déjà, les arbres, vedettes de cette journée, prenaient place sur le très célèbre blog de Phil.
Autour de lui une foule de visiteurs, curieuse et affable, faisait la visite des quelques 70 mètres linéaires aménagés par un commando spécial délégué par la Mairie, dédié à l'événement, qui a organisée la logistique, le ravitaillement et l'animation, comme on ne se l'imagine pas!
C'est donc très logiquement qu'au milieu de ses forces spéciales est apparu dans la matinée le Maire de Marnaz, Loïc Hervé. Hôte de cette exposition, il avait fait l'honneur de son invitation au BCL et voulait bien sûr s'assurer que tout était en place.
| Hervé Loïc, Maire de Marnaz |
Rassuré, il a rayonné de son jeune sourire partageant son attention entre les arbres invités et ses administrés émerveillés.
C'est dans cette ambiance conviviale et fraternelle que j'ai eu le plaisir d'accueillir Monsieur le Vice-Consul, Mitsuhide Fusegi, Attaché aux Affaires Culturelles du Consulat du Japon à Genève. Il a marqué ainsi par sa présence le patronage du Consulat dans le cadre du Mois de la Culture Japonaise 2011.
Venu en toute simplicité, et une fois les présentations faites, il a apprécié une visite détaillée de l'exposition; expérience qu'il a qualifiée de moment de bonheur et à propos de laquelle il devait m'avouer plus tard que c'était sa première!
| Mitsuhide Fusegi, Vice-Consul du Japon |
Et oui! Tous les japonais ne sont pas nés avec un bonsaï au pied du berceau. De même, je n'ai jamais vu un tournoi de Hochnuss, ne pratique pas le yodel... Tous les basques ne jouent pas à la pelote et tous les français ne font pas de la dentelle!
C'est donc vers 12:00 que le Maire de Marnaz et le Vice-Consul du Japon se sont engagés dans une petite suite de discours et remerciements au Président du BCL, Nicolas Amann, qui a lui-même a donné quelques informations à propos de cet art qui rassemble la trentaine de passionnés du Bonsaï Club du Léman.
Extrait du livre d'or:
| Signature diplomatique |
Je me réjouis que vous me fassiez (l'honneur) de m'accueillir chaleureusement aujourd'hui, le 1er octobre 2011 à la Ville de Marnaz.
Je vous félicite vivement pour le grand succès.
Et je vous remercie infiniment pour votre aimable invitation à cette magnifique exposition de bonsaï.
Je vous souhaite bonne continuation."
Marnaz, le 1er octobre 2011
Fusegi Mitsuhide, Vice-Consul
| Le Président, le Vice-Consul et le Maire |
Extrait du livre d'or (par l'hôte de ce weekend):
"Quelle joie et quel plaisir de découvrir votre passion au cours de cette exposition des 1er et 2 octobre 2011.
Notre Pyramide s'est révélée comme un écrin pour vos arbres. Je me réjouis aussi de l'inscription de cette exposition dans le Mois de la Culture Japonaise à Genève.
Bien amicalement"
Loïc Hervé, Maire de Marnaz
Tous les arbres en images individuelles sur le site du BCL (Bonsaï Club du Léman)
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mercredi 28 septembre 2011
Les Bonsaïs suisses passent à l'heure d'automne
Ce texte a été publié dans la revue Esprit Bonsaï n°54 (octobre-novembre 2011)
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Le dernier week-end d’août, Bonsaï Autumn, à Oensingen, annonçait avec un peu d’avance la saison des feuilles qui tombent.
Ce sont les 27 et 28 août 2011 qu’a eu lieu la septième, et dernière, édition de Bonsaï Autumn, à Oensingen. Petite bourgade suisse allemande, Oensingen est à mi-chemin entre Bern, la capitale politique, et Zürich, la capitale économique. Sur ce plateau suisse où le bonsaï a pris racine il y a déjà quelques décennies : la patrie de Pius Notter est à trois sorties d’autoroute.
Il y a quelques jours sévissait la canicule, première vraie période de chaleur depuis la fin juin, dans cette année au climat étrange. Et subitement, la température chute ! 8 °C au lever ce dimanche de fin août : matin clair et brumes qui lèchent les champs de chaque côté de l’autoroute... À croire que la météo a voulu honorer l’exposition, but de notre voyage, en avançant d’un mois la saison à venir.
C’est donc en face du Birkensaal d’Oensingen que nous parquons à 9 h tapantes ce dimanche matin. Les portes de l’exposition sont à peine ouvertes, et certains marchands ont certainement un peu traîné au lit : ils s’activent, portent quelques caisses pour réapprovisionner leur stand avant les premiers visiteurs. En attendant d’entrer, premier coup d’oeil vers la salle : Walter Pall, seul dans les allées, profite pour admirer quelques arbres dans la tranquillité matinale.
Draps rouge et fonds blancs
Après avoir passé le hall, nous pénétrons immédiatement dans l’unique salle de l’exposition. Elle est en fait relativement petite, et accueille quatre travées d’exposition d’une bonne vingtaine de mètres chacune. En entrant, la lumière matinale, fraîche, est subitement plus chaude, plus dense. Les nappages s’accordent parfaitement avec les murs de la salle : un rouge profond, très élégant et chaleureux qui réverbère la lumière naturelle tombant du haut des lanterneaux. Le visiteur s’enfonce dans cette atmosphère agréable dans un calme méditatif. La visite peut commencer.
Les arbres se suivent sobrement sur le drapé rouge et les fonds blancs, très simples. Généralement de grande taille, les arbres sont mâtures et travaillés très soigneusement. L’exposition profite d’une grande variété d’espèces, notamment parmi les feuillus : olivier, érable, troène, charme – d’ici et de Corée -, hêtre, chêne, prunier, pistachier, potentille, tilleul, et... , espèce nouvelle pour moi : un filaire. En contrepoint, des pins, mélèzes et genévriers : la musique visuelle est variée, agréable et pleine de surprises.
Il faut bien admettre que si les arbres présentés sont dans l’ensemble très beaux, certains ne retiennent pas l’attention. De forme banale, ou exhibant des branches ébouriffées, ils ne soutiennent pas la comparaison.
Surpris par la canicule
À y regarder de plus près, il semble que des arbres suppléent aux titulaires prévus : en effet, des « trous » dans l’exposition trahissent des désistements de dernières minutes. Raymond Veuthey, bonsaika octogénaire valaisan, confirme l’hypothèse : son mélèze, prévu de longue date, a cédé la place à un chêne suite à un « accident » météorologique. La canicule de mi-août en a surpris plus d’un....
C’est sur la droite de la salle que nous trouvons trois arbres majeurs, dont l’arbre primé : un majestueux genévrier de Chine variété ‘Itoigawa’ exposé par Enrico Savini – également démonstrateur. L’arbre apparaît très équilibré entre bois mort et végétation, avec beaucoup de finesse.
C’est en « scrutant » le travail des branches que l’on réalise la précision du travail et la sensibilité de l’auteur de la mise en forme. Par contre, la magnifique tablette qui porte l’arbre est à mon avis trop chargée et détourne l’attention d’un arbre déjà riche en rythmes et variations.
C’est juste en face, en se retournant, que l’on peut admirer l’un des deux « dauphins » – mentionné « Runner Up » par les organisateurs : également un genévrier de Chine variété ‘Itoigawa’, également exposé par un italien, également démonstrateur : Mauro Stemberger. Un arbre bien connu, et pourtant toujours encore impressionnant quand on lui fait face. Avec un bois mort galbé comme un cou de taureau, sa puissance frappe ! C’est incontestable.
Une taille réduite
L’autre « dauphin » est plus loin, presque discret, en fait, d’une taille étonnamment réduite au milieu des autres arbres. Encore un conifère et encore un Italien : un if appartenant à Stefano Frisoni.
Pour moi, l’un, si ce n’est le plus beau des arbres de cette édition. En particulier parce que du haut de sa petite cinquantaine de centimètres, il parvient à nous envoûter. En focalisant le regard avec une succession concentrique « silhouette - feuillage - veine vivante - bois mort » qui fait plonger au plus profond de son être. Aspiré sous cette couronne impeccable d’aiguilles denses et luisantes, nous nous sentons ensorcelé, réduit à l’échelle de ce petit arbre à la puissance sereine... Pour moi, ce vertige est le signe d’un arbre réussi.
À noter que son pot, très bien préparé, convient bien à l’arbre.
Il faut chercher les « Mentions » pour trouver un arbre « français » – à Xavier Dreux – entre un Allemand et un .... Italien, encore. Cet érable monumental, de plus d’un mètre de hauteur, enflamme les sens avec un feuillage en avance d’au moins un mois. Du jaune doré à l’ocre flamboyant, les nuances des feuilles immobiles semblent vibrer dans l’air. L’effet est renforcé grâce à une mise en forme très légère laissant de nombreux vides. L’arbre est donc très transparent; le regard le traverse littéralement, effleurant à peine les quelques feuilles qu’il rencontre sur son chemin. Une impression de calme. Un instant paisible, suspendu dans un air léger sur le point de s’enflammer.
Dans le palmarès, viennent ensuite exclusivement des feuillus : un chêne vert de Zino Rongo, un mirabellier de Hartmuth Münchenbach, un pistachier de Marija Hajdic et Andrija Zokicc et un hêtre rouge de Stefan Gmür. Tous de très beaux arbres avec beaucoup de caractère. Parfois peut-être dans des pots ou sur des tablettes qui ne leur conviennent probablement pas au mieux...
De nombreuses démonstrations
Le calme de la salle d’exposition n’est jamais perturbé par la pourtant
proche scène des démonstrations. Là-haut, dépaysement instantané : les
quelques mots échangés fusent en... italien. pas moins de trois
démonstrations menées pas des Transalpins : Enrico Savini et l’équipe de
Progetto Futuro, Zino Rongo et Mauro Stemberger. La complicité
italienne fonctionne à merveille à l’image de Nicola Sorressa qui donne
un coup de main ici ou là, selon les besoins. Le travail théâtral de
Mauro disparaît presque derrière son épicéa gigantesque dont le
conteneur se déforme sur une chaise trop petite. A l’opposé, Zino
s’applique sur un petit pin que Walter Pall commente régulièrement et
dont il fait ressortir les superbes qualités. « Bei Lavoro ! ». Le calme
et la concentration d’Enrico Savini, auréolé du 1er prix de cette
édition, est révélateur du soin avec lequel il forme pas moins de deux
arbres en un week-end.

Plus solitaires, les Carlos van der Vaart, Budi Sulityo, René de Boni travaillent en silence des arbres aux potentiels assez variables. Quant à Marc Noelanders, il tient démonstration sur un très beau pin blanc greffé, dehors, sous le soleil dominical.
Bonsai Autumn c’est aussi des marchands
Sur un des flancs de la salle, quatre stands de pros sont baignés de lumière. Les kusamono et magnifique pots lilliputiens de Carlos Hebeisen-Takahama, tout comme les figurines animalières d’Henk Frezen s’embrasent dans les rayons de soleil : les vernis subtils chatoient le regard de l’amateur. A côté, un visiteur s’intéresse tout particulièrement à ce cerf couché...
Personnellement, mes yeux
reviennent toujours à cette sublime libellule qui s’envole, tirant
derrière elle un chapelet de gouttes d’eau suspendues au-dessus d’un
étang improbable.
Rolf Hitz propose quant à lui des pots à bonsaï, des pots sobres et qui s’affirment néanmoins comme issu d’une démarche artisanale de «chez nous».
Comme l’organisation est aussi précise qu’un coucou suisse, ne manque qu’un facteur de tablette pour fournir à l’amateur tout le matériel nécessaire à un beau tokonoma : c’est Kurt Zgraggen qui nous fait profiter de son hobby, en faisant et défaisant avec bonne humeur le joyeux empilement de ses tablettes.
De retour, quelques regrets...
Une très belle exposition donc. Et pourtant quelques regrets. Tout d’abord une fréquentation que j’ai trouvée très faible. Y’a-t-il eu déficit de publicité auprès du grand public? Une étonnante «légèreté» dans la mise en place de certains arbres (on a même vu un tabouret IKEA comme tablette!) Y’a-t-il une certaine désinvolture de la part de l’organisation?
En outre, l’absence des arbres de Pius Notter, traditionnellement invités de marque du Bonsaï Automn aurait complété l’exposition; Walter Pall lui-même ne savait pas pourquoi ils manquaient. Et pourquoi ne pas y trouver les oeuvres de Serge Clémens pourtant présent le samedi parmi les visiteurs, en voisin...
... et finalement une grande tristesse
La raison est sûrement à trouver ailleurs: sur le site de Bonsaï Autumn, lui-même.
«This was it!! Thank you for all the support over the year» («Ca y était! Merci du soutien durant toutes ces années); c’est par ces quelques mots et un bref billet que les organisateurs annoncent sur leur blog (http://www.bonsaiautumn.com/?p=172), au lendemain même de l’exposition, la disparition de celle-ci; septième du nom. Sans commentaires.
Elle fut créée en marge des sentiers fédératifs du Bonsaï en Suisse; elle avait rencontrée son public; elle était capable de fédérer des amis, passionnés, de montrer de très beaux arbres. Mais c’est peut-être parce qu’elle n’est pas parvenu à aller au-delà, à fédérer toutes les énergies de la planète Bonsaï, et au final un public «hors sérail», que Bonsai Autumn s’évanouira sous le linceul hivernal. En nous léguant le message que, notre communauté de passionnés est trop petite pour s’affranchir d’une vraie cohésion, d’une vraie passion et du bénéfice de l’union. Tous, nous devons investir notre énergie dans toute initiative qui fait grandir et perdurer notre art.
Mon Maître dit: « Vos arbres vous survivront! Si vous les faites beaux, d’autres voudrons s’en occuper.» Il a bien sûr raison: la beauté et l’émotion que nous offrent le Bonsaï, est la seule chose qui importe. Au-delà des contingences.
C’est ce qui nous galvanisera au travers des frimas qui arrivent, vers un printemps nouveau: d’autres saisons, d’autres expositions, et des arbres toujours plus magnifiques.
Pour que le Bonsaï nous survive...
(Article publié dans Esprit Bonsaï n°54, octobre-novembre 2011)
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Ce sont les 27 et 28 août 2011 qu’a eu lieu la septième, et dernière, édition de Bonsaï Autumn, à Oensingen. Petite bourgade suisse allemande, Oensingen est à mi-chemin entre Bern, la capitale politique, et Zürich, la capitale économique. Sur ce plateau suisse où le bonsaï a pris racine il y a déjà quelques décennies : la patrie de Pius Notter est à trois sorties d’autoroute.
Il y a quelques jours sévissait la canicule, première vraie période de chaleur depuis la fin juin, dans cette année au climat étrange. Et subitement, la température chute ! 8 °C au lever ce dimanche de fin août : matin clair et brumes qui lèchent les champs de chaque côté de l’autoroute... À croire que la météo a voulu honorer l’exposition, but de notre voyage, en avançant d’un mois la saison à venir.
C’est donc en face du Birkensaal d’Oensingen que nous parquons à 9 h tapantes ce dimanche matin. Les portes de l’exposition sont à peine ouvertes, et certains marchands ont certainement un peu traîné au lit : ils s’activent, portent quelques caisses pour réapprovisionner leur stand avant les premiers visiteurs. En attendant d’entrer, premier coup d’oeil vers la salle : Walter Pall, seul dans les allées, profite pour admirer quelques arbres dans la tranquillité matinale.
Draps rouge et fonds blancs
Après avoir passé le hall, nous pénétrons immédiatement dans l’unique salle de l’exposition. Elle est en fait relativement petite, et accueille quatre travées d’exposition d’une bonne vingtaine de mètres chacune. En entrant, la lumière matinale, fraîche, est subitement plus chaude, plus dense. Les nappages s’accordent parfaitement avec les murs de la salle : un rouge profond, très élégant et chaleureux qui réverbère la lumière naturelle tombant du haut des lanterneaux. Le visiteur s’enfonce dans cette atmosphère agréable dans un calme méditatif. La visite peut commencer.
Les arbres se suivent sobrement sur le drapé rouge et les fonds blancs, très simples. Généralement de grande taille, les arbres sont mâtures et travaillés très soigneusement. L’exposition profite d’une grande variété d’espèces, notamment parmi les feuillus : olivier, érable, troène, charme – d’ici et de Corée -, hêtre, chêne, prunier, pistachier, potentille, tilleul, et... , espèce nouvelle pour moi : un filaire. En contrepoint, des pins, mélèzes et genévriers : la musique visuelle est variée, agréable et pleine de surprises.
Il faut bien admettre que si les arbres présentés sont dans l’ensemble très beaux, certains ne retiennent pas l’attention. De forme banale, ou exhibant des branches ébouriffées, ils ne soutiennent pas la comparaison.
Surpris par la canicule
À y regarder de plus près, il semble que des arbres suppléent aux titulaires prévus : en effet, des « trous » dans l’exposition trahissent des désistements de dernières minutes. Raymond Veuthey, bonsaika octogénaire valaisan, confirme l’hypothèse : son mélèze, prévu de longue date, a cédé la place à un chêne suite à un « accident » météorologique. La canicule de mi-août en a surpris plus d’un....
C’est sur la droite de la salle que nous trouvons trois arbres majeurs, dont l’arbre primé : un majestueux genévrier de Chine variété ‘Itoigawa’ exposé par Enrico Savini – également démonstrateur. L’arbre apparaît très équilibré entre bois mort et végétation, avec beaucoup de finesse.
C’est en « scrutant » le travail des branches que l’on réalise la précision du travail et la sensibilité de l’auteur de la mise en forme. Par contre, la magnifique tablette qui porte l’arbre est à mon avis trop chargée et détourne l’attention d’un arbre déjà riche en rythmes et variations.
C’est juste en face, en se retournant, que l’on peut admirer l’un des deux « dauphins » – mentionné « Runner Up » par les organisateurs : également un genévrier de Chine variété ‘Itoigawa’, également exposé par un italien, également démonstrateur : Mauro Stemberger. Un arbre bien connu, et pourtant toujours encore impressionnant quand on lui fait face. Avec un bois mort galbé comme un cou de taureau, sa puissance frappe ! C’est incontestable.
Une taille réduite
L’autre « dauphin » est plus loin, presque discret, en fait, d’une taille étonnamment réduite au milieu des autres arbres. Encore un conifère et encore un Italien : un if appartenant à Stefano Frisoni.
Pour moi, l’un, si ce n’est le plus beau des arbres de cette édition. En particulier parce que du haut de sa petite cinquantaine de centimètres, il parvient à nous envoûter. En focalisant le regard avec une succession concentrique « silhouette - feuillage - veine vivante - bois mort » qui fait plonger au plus profond de son être. Aspiré sous cette couronne impeccable d’aiguilles denses et luisantes, nous nous sentons ensorcelé, réduit à l’échelle de ce petit arbre à la puissance sereine... Pour moi, ce vertige est le signe d’un arbre réussi.
À noter que son pot, très bien préparé, convient bien à l’arbre.
Il faut chercher les « Mentions » pour trouver un arbre « français » – à Xavier Dreux – entre un Allemand et un .... Italien, encore. Cet érable monumental, de plus d’un mètre de hauteur, enflamme les sens avec un feuillage en avance d’au moins un mois. Du jaune doré à l’ocre flamboyant, les nuances des feuilles immobiles semblent vibrer dans l’air. L’effet est renforcé grâce à une mise en forme très légère laissant de nombreux vides. L’arbre est donc très transparent; le regard le traverse littéralement, effleurant à peine les quelques feuilles qu’il rencontre sur son chemin. Une impression de calme. Un instant paisible, suspendu dans un air léger sur le point de s’enflammer.
Dans le palmarès, viennent ensuite exclusivement des feuillus : un chêne vert de Zino Rongo, un mirabellier de Hartmuth Münchenbach, un pistachier de Marija Hajdic et Andrija Zokicc et un hêtre rouge de Stefan Gmür. Tous de très beaux arbres avec beaucoup de caractère. Parfois peut-être dans des pots ou sur des tablettes qui ne leur conviennent probablement pas au mieux...
De nombreuses démonstrations
Plus solitaires, les Carlos van der Vaart, Budi Sulityo, René de Boni travaillent en silence des arbres aux potentiels assez variables. Quant à Marc Noelanders, il tient démonstration sur un très beau pin blanc greffé, dehors, sous le soleil dominical.
Bonsai Autumn c’est aussi des marchands
Sur un des flancs de la salle, quatre stands de pros sont baignés de lumière. Les kusamono et magnifique pots lilliputiens de Carlos Hebeisen-Takahama, tout comme les figurines animalières d’Henk Frezen s’embrasent dans les rayons de soleil : les vernis subtils chatoient le regard de l’amateur. A côté, un visiteur s’intéresse tout particulièrement à ce cerf couché...
Rolf Hitz propose quant à lui des pots à bonsaï, des pots sobres et qui s’affirment néanmoins comme issu d’une démarche artisanale de «chez nous».
Comme l’organisation est aussi précise qu’un coucou suisse, ne manque qu’un facteur de tablette pour fournir à l’amateur tout le matériel nécessaire à un beau tokonoma : c’est Kurt Zgraggen qui nous fait profiter de son hobby, en faisant et défaisant avec bonne humeur le joyeux empilement de ses tablettes.
De retour, quelques regrets...
Une très belle exposition donc. Et pourtant quelques regrets. Tout d’abord une fréquentation que j’ai trouvée très faible. Y’a-t-il eu déficit de publicité auprès du grand public? Une étonnante «légèreté» dans la mise en place de certains arbres (on a même vu un tabouret IKEA comme tablette!) Y’a-t-il une certaine désinvolture de la part de l’organisation?
En outre, l’absence des arbres de Pius Notter, traditionnellement invités de marque du Bonsaï Automn aurait complété l’exposition; Walter Pall lui-même ne savait pas pourquoi ils manquaient. Et pourquoi ne pas y trouver les oeuvres de Serge Clémens pourtant présent le samedi parmi les visiteurs, en voisin...
... et finalement une grande tristesse
La raison est sûrement à trouver ailleurs: sur le site de Bonsaï Autumn, lui-même.
«This was it!! Thank you for all the support over the year» («Ca y était! Merci du soutien durant toutes ces années); c’est par ces quelques mots et un bref billet que les organisateurs annoncent sur leur blog (http://www.bonsaiautumn.com/?p=172), au lendemain même de l’exposition, la disparition de celle-ci; septième du nom. Sans commentaires.
Elle fut créée en marge des sentiers fédératifs du Bonsaï en Suisse; elle avait rencontrée son public; elle était capable de fédérer des amis, passionnés, de montrer de très beaux arbres. Mais c’est peut-être parce qu’elle n’est pas parvenu à aller au-delà, à fédérer toutes les énergies de la planète Bonsaï, et au final un public «hors sérail», que Bonsai Autumn s’évanouira sous le linceul hivernal. En nous léguant le message que, notre communauté de passionnés est trop petite pour s’affranchir d’une vraie cohésion, d’une vraie passion et du bénéfice de l’union. Tous, nous devons investir notre énergie dans toute initiative qui fait grandir et perdurer notre art.
Mon Maître dit: « Vos arbres vous survivront! Si vous les faites beaux, d’autres voudrons s’en occuper.» Il a bien sûr raison: la beauté et l’émotion que nous offrent le Bonsaï, est la seule chose qui importe. Au-delà des contingences.
C’est ce qui nous galvanisera au travers des frimas qui arrivent, vers un printemps nouveau: d’autres saisons, d’autres expositions, et des arbres toujours plus magnifiques.
Pour que le Bonsaï nous survive...
(Article publié dans Esprit Bonsaï n°54, octobre-novembre 2011)
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mardi 20 septembre 2011
Le Bonsaï qui se charge de tension... zen!
Le voilà!
On avait vu le prototype. Apparemment, il est commercialisé maintenant...
Le designer de l' "Electree" s'appelle Vivien Muller; l'arbre est à commander sur son site
Je vais de ce pas faire ma lettre au Père Noël!
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On avait vu le prototype. Apparemment, il est commercialisé maintenant...
Le designer de l' "Electree" s'appelle Vivien Muller; l'arbre est à commander sur son site
Je vais de ce pas faire ma lettre au Père Noël!
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dimanche 24 juillet 2011
Travail de vacances
Après un été venu très tôt et tout le travail de printemps achevé avec 1 mois d'avance, nous voilà dans un mois de juillet humide et froid...Alors que la piscine et la plage devrait accueillir notre repos bien mérité, la météo nous retient dans nos jardins que les litres de pluie ne nous permettent pas de travailler...
Alors que faire pour occuper son temps, en préparant les mois à venir?
Depuis plusieurs années je croise cette caisse que la patine a rendue si belle. Depuis plusieurs années, j'y range des brics et des brocs. Depuis 1-2 années, j'y projette d'y faire des transformations des espaces intérieurs.
C'était donc le moment idéal pour mettre ce projet en oeuvre: quelques planches, des coups de scie bien placés, un peu de collage et un assemblage précis qui fait tout tenir.
Voilà. Les fils de ligatures seront dorénavent bien rangés lors des transports vers les ateliers et écoles de cet automne. Ceci sous les yeux de Philippe Suchard et de sa publicité d'alors; du temps lorsque cette caisse en toute simplicité conservait les délicates décorations de Noël de la ferme familiale, où elle attendait une nouvelle vie.
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mercredi 11 mai 2011
Le Maître et la Forêt
Dans l'histoire de Hinji Zukuri, la montagne fait face au village. Alors que la montagne appelle le père, le village accueille la mère.
C'est en contant cette histoire que Keizô Andô Sensei nous a enseigné "yose-ue", le style codifié de la forêt.
Un style que j'ai découvert pour la première fois. Non pas que je ne le connaissais pas - les livres et expositions nous en montrent régulièrement - mais je n'en avais jamais fait!
Il faut dire que pour faire une forêt, il faut une quantité d'arbres...
Première règle, donc: au minimum, une forêt Hinji Zukuri compte 5 arbres dans le plus grand groupe, et 3 dans dans les deux autres, pour un total donc, de 11 arbres. Les variations Shinji Zukuri et Shigun Zukuri ne doivent pas en compter moins.
Ainsi, il m'a fallu rassembler une tribu d'arbres identiques puisqu'une seule essence doit être utilisée dans la même forêt - seconde règle; en réalité, il faut veiller à l'uniformité du feuillage. Il vaut donc mieux partir de semis ou de boutures issus d'un même arbre.
J'en profite pour remercier Gaétan dont le cadeau providentiel, il y a deux ans, m'a fourni à point nommé la matière de base : 20 jolis plants de Zelkova, semés par ses soins.
Une fois la théorie passée, c'est dans une soucoupe ovale de 18 cm que je me suis attelé à la difficile tâche de la composition. Un exercice qui allie créativité et rigueur. La série de règles pour cette phase est terriblement longue:
- le plus grand arbre - le père- est placé sur un coté, il sera l'arbre le plus en avant de la composition;
- le second arbre le plus grand est placé de l'autre coté du père, légèrement plus en arrière, donc. Son tronc sera légèrement plus fin;
- les autres arbres sont placés alentour des deux premiers de manière à encadrer un espace central, ouvert, évoquant une clairière, un cheminement;
- le nombre d'arbres (au minimum 3 par groupe, 5 pour le groupe du père) doit être impair, si le groupe compte moins de 9 arbres; il peut être pair au-delà;
- aucun arbre ne doit se trouver dans l'alignement d'un autre, et dans le sens longitudinal et dans le sens transversal de la composition;
- les dimensions des arbres (diamètre du tronc et hauteur) respecteront les principes de perspectives. C'est-à-dire, les plus petits et les plus fins derrière, afin d'augmenter visuellement la profondeur de la forêt;
- dans la variante Hinji Zukuri, un groupe d'arbres est placé en arrière-plan entre les deux premiers groupes. Ce groupe ne doit pas être centré, mais légèrement décalé du côté du groupe du père (la montagne).
Armés de toutes ces exigences, les arbres dépotés, racines défaites et taillées (attention au dessèchement... C'est pas le moment de la pause café!), il s'agit de commencer la composition en prenant garde à ce que les arbres se positionnent pour que les espaces entre les troncs soit variés, que les diamètres des troncs voisins différent les uns des autres, que les formes et directions des arbres créent un ensemble harmonieux...
Pour rien vous cacher, là c'est carrément galère... Faire tenir debout une vingtaine d'arbres dont les branches se croisent et se repoussent demande la dextérité du champion de château de carte! Malgré la très peu élégante technique du fil d'aluminium qui coure au fond du pot, s'enroulant tel un boa autour des arbres (mais sans les étrangler) et tricotant avec les mottes de racines tel le pal de l'inquisiteur (mais sans les cantiques), la mise en oeuvre demande vraiment une bonne visualisation mentale de ce qu'on veut faire avec la position bien planifiée de chaque arbre. Un petit croquis n'est pas totalement inutile...
Au final, tous les arbres sont en place; on ose à peine respirer. Il s'agit de maintenir l'ensemble et compléter le substrat - un akadama finement tamisé dans mon cas - en butant (créer de petite butte, nldr) quelque peu à l'endroit des groupes principaux et en laissant la pente faire glisser le regard vers les arbres du fond.
Une fois les arbres bien calés dans le substrat, il s'agit d'alléger le feuillage. Toutes les branches qui poussent vers l'intérieur, entre deux arbres, sont supprimés. Les feuilles, rares sur de si petites boutures, ne sont plus très nombreuses... lesquelles garder pour donner un peu d'allure à cette petite forêt en devenir?
Allez! On arrête. Il est temps de la mettre dans la lumière. Sur une petite tablette.
"Si vous voyez la biche ou un renard entre les troncs, vous avez réussi" disait le Maître.
Les voyez-vous?
Chut! Ne pas les effrayer!
Et laisser s'installer l'esprit de la forêt.
L'Esprit du Maître.
Petite remarque. Dans la plus pure tradition de la composition, cette forêt a un vilain défaut: le groupe de trois arbres au milieu en arrière est décalé du mauvais côté; il doit accompagner le groupe du père... zut! on aurait cru un moment que cette forêt était presque parfaite ;-)
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C'est en contant cette histoire que Keizô Andô Sensei nous a enseigné "yose-ue", le style codifié de la forêt.Un style que j'ai découvert pour la première fois. Non pas que je ne le connaissais pas - les livres et expositions nous en montrent régulièrement - mais je n'en avais jamais fait!
Il faut dire que pour faire une forêt, il faut une quantité d'arbres...
Première règle, donc: au minimum, une forêt Hinji Zukuri compte 5 arbres dans le plus grand groupe, et 3 dans dans les deux autres, pour un total donc, de 11 arbres. Les variations Shinji Zukuri et Shigun Zukuri ne doivent pas en compter moins.
Ainsi, il m'a fallu rassembler une tribu d'arbres identiques puisqu'une seule essence doit être utilisée dans la même forêt - seconde règle; en réalité, il faut veiller à l'uniformité du feuillage. Il vaut donc mieux partir de semis ou de boutures issus d'un même arbre.
J'en profite pour remercier Gaétan dont le cadeau providentiel, il y a deux ans, m'a fourni à point nommé la matière de base : 20 jolis plants de Zelkova, semés par ses soins.
Une fois la théorie passée, c'est dans une soucoupe ovale de 18 cm que je me suis attelé à la difficile tâche de la composition. Un exercice qui allie créativité et rigueur. La série de règles pour cette phase est terriblement longue:
- le plus grand arbre - le père- est placé sur un coté, il sera l'arbre le plus en avant de la composition;- le second arbre le plus grand est placé de l'autre coté du père, légèrement plus en arrière, donc. Son tronc sera légèrement plus fin;
- les autres arbres sont placés alentour des deux premiers de manière à encadrer un espace central, ouvert, évoquant une clairière, un cheminement;
- le nombre d'arbres (au minimum 3 par groupe, 5 pour le groupe du père) doit être impair, si le groupe compte moins de 9 arbres; il peut être pair au-delà;
- aucun arbre ne doit se trouver dans l'alignement d'un autre, et dans le sens longitudinal et dans le sens transversal de la composition;
- les dimensions des arbres (diamètre du tronc et hauteur) respecteront les principes de perspectives. C'est-à-dire, les plus petits et les plus fins derrière, afin d'augmenter visuellement la profondeur de la forêt;
- dans la variante Hinji Zukuri, un groupe d'arbres est placé en arrière-plan entre les deux premiers groupes. Ce groupe ne doit pas être centré, mais légèrement décalé du côté du groupe du père (la montagne).
Armés de toutes ces exigences, les arbres dépotés, racines défaites et taillées (attention au dessèchement... C'est pas le moment de la pause café!), il s'agit de commencer la composition en prenant garde à ce que les arbres se positionnent pour que les espaces entre les troncs soit variés, que les diamètres des troncs voisins différent les uns des autres, que les formes et directions des arbres créent un ensemble harmonieux...
Pour rien vous cacher, là c'est carrément galère... Faire tenir debout une vingtaine d'arbres dont les branches se croisent et se repoussent demande la dextérité du champion de château de carte! Malgré la très peu élégante technique du fil d'aluminium qui coure au fond du pot, s'enroulant tel un boa autour des arbres (mais sans les étrangler) et tricotant avec les mottes de racines tel le pal de l'inquisiteur (mais sans les cantiques), la mise en oeuvre demande vraiment une bonne visualisation mentale de ce qu'on veut faire avec la position bien planifiée de chaque arbre. Un petit croquis n'est pas totalement inutile...
Au final, tous les arbres sont en place; on ose à peine respirer. Il s'agit de maintenir l'ensemble et compléter le substrat - un akadama finement tamisé dans mon cas - en butant (créer de petite butte, nldr) quelque peu à l'endroit des groupes principaux et en laissant la pente faire glisser le regard vers les arbres du fond.
Une fois les arbres bien calés dans le substrat, il s'agit d'alléger le feuillage. Toutes les branches qui poussent vers l'intérieur, entre deux arbres, sont supprimés. Les feuilles, rares sur de si petites boutures, ne sont plus très nombreuses... lesquelles garder pour donner un peu d'allure à cette petite forêt en devenir?
Allez! On arrête. Il est temps de la mettre dans la lumière. Sur une petite tablette.
"Si vous voyez la biche ou un renard entre les troncs, vous avez réussi" disait le Maître.
Les voyez-vous?
Chut! Ne pas les effrayer!
Et laisser s'installer l'esprit de la forêt.
L'Esprit du Maître.
Petite remarque. Dans la plus pure tradition de la composition, cette forêt a un vilain défaut: le groupe de trois arbres au milieu en arrière est décalé du mauvais côté; il doit accompagner le groupe du père... zut! on aurait cru un moment que cette forêt était presque parfaite ;-)---
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