mercredi 6 juin 2012

Kuzuya, petite et ancienne

Je ne suis pas fan de tenpai - on peut apparemment aussi parler de tenkeibutsu (voir) - je les trouve souvent un peu "kitch"; bien qu'il s'agisse d'ouvrages souvent magnifiques.
Je veux parler de ces minuscules sculptures, souvent en cuivre ou en bronze, qui sont utilisées à fin décorative, en accompagnement de suiseki, ou de bonsai.

Mais là! Je suis resté coi devant cette petite hutte !



Toute petite, de la taille d'un pouce, elle nous invite à entrer; pour peut-être prendre le temps d'un thé.



Son grand toit de chaume lui vaut le nom de kuzuya - hutte au toit de chaume.


Elle parait être en bronze; quelques délicates traces de vert-de-gris trahissent, dans les nervures de la toiture, une vieille oxydation qui rehausse sa belle patine.

Cette hutte serait l’œuvre d'un artiste du nom de Syuhou, portant sa signature sur le côté.


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mardi 29 mai 2012

Eda Ushi Kai

Avec la sortie du tout nouveau format d'Esprit-Bonsai, une nouvelle rubrique consacrée aux clubs voit le jour. Honneur m'a été fait de m'en faire rédiger la première parution. Je vous en fait extrait ici du texte publié, l'original est à découvrir avec les photos dans le n°58 d'Esprit-Bonsaï.

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Eda Ushi Kai
Du bonsaï top niveau au cœur du plat pays.
 
Le club belge Eda Ushi Kai a gagné le Trophée des clubs 2012 en Suisse, à Veyrier, près de Genève. Olivier A. Maillard a rencontré ses lauréats, une bande d’amis qui travaillent pour avoir de beaux arbres.



Lauréat du Trophée des clubs 2012, à Veyrier, Eda Ushi Kai est un club de la Belgique flamande, de Diepenbeek exactement.
C'est en marge du Trophée des Clubs que j'ai eu le plaisir de rencontrer les quatre représentants en Suisse d'Eda Ushi Kai en cette mi-avril pluvieuse. Paul a traduit, Lydie, Hans et Rick ont fait chanter le flamand pour nous raconter leur club.
D'entrée, une question me brûle les lèvres : « Eda Ushi Kai. Pourquoi ce nom ? » « Eda Ushi Kai » signifie « le club de l'harmonie de la première branche » commente Lydie. Un bien joli nom, inspiration spontanée des fondateurs – Jan Dieryck, Jos Vandeborne, Jef Corthouts et Jean-Paul Polmans– qui fuse comme une injonction, à la fois enthousiaste et évocatrice, tout à l'image d'un club dans lequel quelques amis ont choisi de rassembler leur passion.

26 membres, et quelques « pointures »
À lʼorigine, avant dʼêtre un club, le cercle dʼamis se forme spontanément une fois par mois pour parler des arbres que les participants apportent : « Le but est d’améliorer son arbre, de profiter des compétences des autres » explique Paul.
C'est donc autour des quatre fondateurs que se regroupent depuis 2004 des passionnés, qui au-delà de ce point commun, partagent surtout amitié et compétence.
En matière de compétence, il suffit de s'intéresser aux « pointures » que comptent les 26 membres actuels du club belge, pour comprendre leur motivation : « aller plus loin ». Autant être clair : on est en présence d'un club d'initiés qui s'orientent vers le perfectionnement.
Sans être un club fermé, le cercle ne s'ouvre qu'aux bonsaïka qui se seront faits connaître et apprécier. Quand on parle de « cooptation », Hans répond avec un sourire, et relativise : « Le monde du bonsaï est petit en Belgique ; on se connaît tous. » Le candidat saura donc se faire connaître, tisser les contacts, pour entrer au club. Et si son statut de novice devait être un obstacle, les ateliers animés par Jean-Paul Polmans sont une excellente entrée en matière. Alors, le candidat trouvera aussi sa place dans un travail plus exigeant, dans une ambiance que l'on sent conviviale.

Hans, Rick, Paul et Lydie représentaient le club belge Eda Ushi Kai au Trophée des clubs 2012, à Veyrier (CH)


« On rie beaucoup aussi ! »
En effet, rapidement, il ressort qu'ils parlent sérieusement de bonsaï, mais qu’ils aiment, aussi sérieusement, passer de bons moments ! Paul confirme d'un grand éclat de rire : "On rie aussi beaucoup !" Peut-être que le cadre de leurs réunions - un vieux pigeonnier - nous renseigne aussi quʼau club Eda Ushi Kai, on fait les choses plutôt « à la bonne franquette », jusqu’à faire des barbecues estivaux.
L'influence de la pratique de Jean-Paul Polmans, dont Paul dit que « il est vraiment le moteur de notre club », se retrouve dans les collections des membres, qui comptent apparemment en majorité des yamadori. « De très belles pièces », paraît-il... L’engagement de ce professionnel, au-delà des formations, est sans doute une valeur ajoutée par son regard de pro.
Il est intéressant de savoir que la présentation de club que nous avons pu admirée à Veyrier a été imaginée et préparée au sein du club avec lʼaide de lʼAnglais Mike Andrews. Elle avait été « testée » (et primée) une première fois lors d'une exposition de club en Belgique. À propos de ce travail, Paul explique : " Mike nous a appris à voir toute la présentation comme un ensemble, non pas comme une succession «bambou-arbre-tablette-plante d'accompagnement-bambou», mais un ensemble fluide et varié. » Nous avions en effet noté que chaque arbre n’était pas systématiquement flanquée de « ses » accessoires de présentations...

Une approche en paysage de la présentation
Paul exprime ainsi ce qu’il considère comme la force de leur présentation : « Nous avons fait une faute avec le Pseudocydonia de Jean-Paul : il est orienté à gauche. Mais il participe à l'ensemble, ce qui est le plus important. Pour nous, la totalité des arbres est plus beau que l’individualité de chaque arbre. » Une démarche intéressante que nous pourrions qualifiée d'approche « en paysage »" plutôt qu’« en tokonoma ».
Pourrions-nous y voir une autre manière d'interpréter la présentation du bonsaï ? Hors du cadre traditionnel, de la filiation japonaise, qui la rattache à l'habitat domestique, et se pratique comme un art individuel ? Pourrait-elle être plutôt abordée comme le résultat d'une passion partagée, entre amis, avec enthousiasme et inspiration, dans un petit coin de (Plat) Pays... ou partout ailleurs... Dans un club.

Eda Ushi Kai s’expose à l’automne
Le club belge Eda Ushi Kai organise son exposition de club les 30 novembre et 1er décembre 2013 à Diepenbeek. L'ambition est de montrer une centaine d'arbres, tous issus des collections des membres. À en croire leurs dires, on peut s'attendre à une qualité exceptionnelle.
Davantage d'informations sur www.edaushikai.be


En pratique
Pour contacter Eda Ushi Kai, écrire un courriel à son président Jan Dieryck : jan@edauchikai.be
Réunions tous les premiers lundis du mois
Le blog : http://blog.edauchikai.be
Le site Internet : www.edaushikai.be


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mardi 24 janvier 2012

Le Bonsaï en mouvement

Ce weekend, mon club adoré - le BCL - était de sortie: le XIIIe Noelanders Trophy à Heusden-Zolder.

Cette petite commune du Plat Pays est le haut lieu du tourisme minier, et, une fois par année, du tourisme "bonsaï".

Brouillard, brume et grisaille nous rappellent année après année que décidément le climat belge est favorable à la culture de la mousse.

Depuis 3 jours, les forums et Facebook regorge d'images de l'exposition, des démonstrations et des marchands de bonsaï. Tout est déjà vu. Je garderai mes photos pour moi et partage avec vous ce jour ce que personne ne peut vous montrer!

EXCLUSIF: "BCL rocks!" (traduction: EXCLUSIVE: "au BCL, ça bouge!")

et oui, vous avez bien lu, sur ce blog, aujourd'hui,

     c'est l' EXCLU' !
     c'est Première aussi!

(car mes talents de vidéastes restent à confirmer (...).
C'est donc en avant-première (ou presque) que vous vivrez
- le Noelanders Trophy
- en mouvement
- vu par le Bonsaï Club du Léman.



Un beau weekend enjoué, fort de camaraderie, de passion, de plaisir et de folies...
(nldr., ... que la bande son de la jeune IRMA rend parfaitement)

En passant, merci à tous les figurants qui ont rendu ces images possibles!


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mardi 13 décembre 2011

Si votre Joyeux Noël sent le sapin, optez pour un bonsaï

Nous voilà à mi-chemin de l'Avent: les premiers givres nous annoncent l'arrivée de l'hiver et les premiers sapins se vendent sur les places...

Une première question m'arrête:
"Quel sens à couper des arbres pour les faire entrer dans nos demeures?"

... (perplexe)...

De plus, je remarque qu'en Occident cette tradition se teinte de mauvaises habitudes bien de chez nous... la folie des grandeurs: toujours plus beau, toujours plus grand, toujours plus cher...
Au point de voir s'exposer le sapin de Noël le plus cher du monde à Abu Dahbi.



... (perplexe)... (encore davantage)...

Mais
Faire entrer un arbre dans son habitat...
Finalement, n'est-ce pas ce que les japonais, les chinois font depuis des siècles? En tous les cas les amateurs de bonsaï?

Une seconde question m'emporte:
"Y'a-t-il un un point commun entre Noël et le Bonsaï?"

Assurément! La tradition!
Cet ensemble de rituels qui se perpétuent à travers les âges, de génération en génération. Qui focalisent l'attention, l'admiration et fait pétiller les yeux...

Alors pour ceux qui préfèrent plus de modestie, qui se complaisent dans le "small is beautiful", et admirent les bonsaïs, je vous offre celui-ci.
Boules et tablettes d'origine japonaise contrôlée.

Et pour la tradition, un chant bien connu:
(d'après,
"O Tannenbaum" de Ernst Anschütz, 1824)

"Mon beau sapin, roi des forêts,
Que j'aime ta verdure,
Quand par l'hiver, bois et guérets,
Sont dépouillés de leurs attraits,
 
Mon beau sapin, roi des forêts,
Tu gardes ta parure,
Toi que Noël planta chez nous,
Au saint anniversaire,
 
Joli sapin, comme ils sont doux,
Et tes bonbons, et tes joujoux,
Toi que Noël planta chez nous,
Par les mains de ma mère,
 
Mon beau sapin tes verts sommets,
Et leur fidèle ombrage,
De la foi qui ne ment jamais,
De la constance et de la paix,
 
Mon beau sapin tes verts sommets,
M'offrent la douce image."



J O Y E U X   N O E L !


(et à chacun son sapin! ;-) )




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jeudi 1 décembre 2011

L'esprit Bonsaï

Récemment, j'ai vécu un instant de trouble mental!

Bien sûr, il est de notoriété publique que le fait de passer un temps inconsidérément long à cultiver des arbres dans des pots et de s'evertuer à les y maintenir à une échelle réduite tiend d'une forme de trouble mental...

Mais je ne parle pas de cela!

Ce début de semaine, j'ai vécu un moment de dédoublement!
Et, oui! C'est troublant!

Se retrouver face-à-face par surprise avec un autre soi-même... même seulement quelques secondes durant...
C'est troublant.

C'est en feuilletant négligemment le dernier exemplaire d'Esprit Bonsaï, reçu quelques minutes auparavant - l'emballage postal ne reste jamais intact très longtemps -, qu'arrivé à la dernière page de mon effeuillage, je tombe sur un petit article "OLIVIER'S STORY" dont le titre m'accroche bien évidemment: qu'arrive-t-il à un Olivier?

En lisant l'article, je découvre un blogueur encensé pour son humour, suisse de surcroît, et qui écrit...
mais c'est pas possible!!! ... sur les mêmes sujets QUE MOI!!!!!


Mais, c'est de MON blog dont on parle... mais c'est moi.... oooohhh!

Et oui, sans crier gare, me voici à la une, sous la plume et dans le billet de Philippe Massard - dont l'autre Philippe nommé dans cet éditorial nous a fait connaître le travail de photographe!

Un grand merci, à lui, de ses mots, dont il a très judicieusement choisi la trame, inventoriant les articles de bric et de brocs que je me plais à écrire.

Merci aussi à Esprit Bonsaï, bien sûr.


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lundi 14 novembre 2011

Riri et Claire


Claire.

Après la fermeture,
je l'ai emmenée faire de la glisse, hier.
Claire était heureuse; elle a ri... ri...
J'ai été foudroyé, quand j'ai vu Claire!
J'ai senti une fêlure, mon cœur s'est fendu.

J'espèrais une ouverture avec Claire.

Mais, "Zip!"
Comme l'éclair, elle partie. Fermeture!

- "EHH! Claire!!!"...
- ":-)"
- "C'est ça! Ris! Ris, Mayer!"


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vendredi 4 novembre 2011

Former un bonsaï: révéler un arbre

Mettre en forme un bonsaï est probablement le moment le plus excitant pour un bonsaïka.

Photo Jean-Paul Bovey
La première mise en forme demande un effort d'analyse, de projection, et de réalisation qui est chaque fois un défi! Un moment intense.

Révéler le potentiel expressif d'un arbre est une des grandes difficultés de l'art du bonsaï; l'entretien sur la durée et sa finition, une autre.

La vie d'un bonsaï commence donc avec une première mise en forme; intervention souvent volontaire, parfois radicale, dont l'objectif est de définir les caractéristiques principales de l'arbre: posture, style, taille, structure, dynamique, etc.

Photo Jean-Claude Fricot
Ce travail repose sur la compétence de l'auteur: sa technique bien sûr, mais surtout sa capacité à projeter l'arbre dans une forme à venir.
Analyser l'arbre, en extraire les lignes fortes, en saisir la quintessence;
puis abstraire, imaginer les modifications, visualiser la forme finale;
finalement, oser, dépasser l'appréhension, éviter l'erreur;
lentement, l'arbre apparaît, se révèle, naît: concret, vivant, il est là, transformé, nouveau.

Cette voie de l'abstraction vers la concrétisation est pour moi une jouissance rare. Une émotion forte.

Bien sûr, la qualité de l'arbre au final dépend beaucoup du potentiel de l'arbre au départ.

Ce weekend, lors d'un atelier avec François Gau, c'est avec un arbre avec un potentiel, disons, relativement réduit, que je me suis livré à cet exercice. En conséquence, le résultat n'est pas un arbre de premier ordre, certes; mais François, dont j'ai sollicité l'avis sur ma mise en forme, m'a fait le plus beau des compliments.

- "Cet arbre, personne en aurait voulu; et au final, il en ressort un arbre qui a du caractère."

 Avant:



Après:



Après finition des jin:
 


... révéler le potentiel expressif d'un arbre... une émotion forte!

 
Merci François.
Merci l'épicéa, et bienvenu à toi dans mon jardin.


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